Au printemps, le Costa Rica n’échappe pas à la grande pulsion printanière qui bouleverse la nature. De la côte caraïbe jusqu’au Pacifique, en passant par la chaîne des volcans et la forêt pluviale dont la cime des arbres géants se perd dans les nuages, tout se prépare au renouveau.

Chez les oiseaux en particulier, le regain d’activité est visible depuis les mangroves peuplées de crocodiles jusqu’aux frondaisons obscures des forêts d’altitude, refuges des colibris, toucans, perroquets et du mythique quetzal que vénéraient les Aztèques sous les traits du serpent à plumes, le Quetzalcoalt.



Pour tout dire, arpenter les sentiers de la forêt primaire n’est pas une mince affaire, d’autant que les traceurs de pistes ont dû négocier chaque pente, chaque marche, au travers des racines et des rochers, défier des précipices vertigineux, tout en préservant la forêt. Pour tout dire, sous la charge du matériel photo, chaque pas rappelle que le corps a ses limites. Mais tout au long des dizaines d’heures de marche dans la chaleur humide et le bruissement incessant des insectes, la nature dévoile quelques uns de ses joyaux, tantôt sous la forme d’un colibri émeraude, d’un coati, d’un singe ou, dans la lumière d’aquarium d’une rare clairière, d’un face à face avec un rapace nocturne qui daigne à peine ouvrir un œil.



Il serait injuste de ne parler du Costa Rica qu’au travers de ses beautés naturelles en oubliant de mentionner ses habitants, les Ticos, diminutif d’hermanticos (petits frères), dont ils sont très fiers. Conscients que leur petit pays recèle des trésors fragiles, ils ont opté pour une politique de préservation intelligente de la nature en maintenant la biodiversité, tout en produisant des denrées d’une rare qualité, café et cacao pour ne citer qu’elles.

Le visiteur habitué au tourisme de masse sera agréablement surpris de la qualité de l’accueil bon enfant. Mais pourquoi en être surpris, après tout, le Costa Rica n’a-t-il pas délibérément supprimé son armée pour se donner les moyens financiers de conserver son patrimoine naturel intact ?

Finalement, en abordant cette terre en 1502, Christophe Colomb ne s’était pas trompé en la baptisant La Huerta, « Le Verger ».