mercredi 21 avril 2010
La traque des requins, d'Afrique du Sud au Mozambique
Par Gérard SOURY, mercredi 21 avril 2010 à 17:13 :: Actualités
N’en déplaise aux aficionados du ballon rond cuvée 2010, l’Afrique du Sud donne lieu à des rencontres tout aussi musclées, et sans le moindre souci du calendrier. Les eaux tumultueuses de l’Océan Indien abritent en permanence une faune d’exception pour qui veut se donner la peine d’aller y tremper ses palmes. Du Kwazulu Natal jusqu’au Mozambique, les amateurs de grands prédateurs marins et accessoirement d’adrénaline trouvent plus que leur compte. Cette tranche d’océan abrite une faune qui impose d’emblée le respect : turbulents requins bordés, mythiques requins tigres, requins taureaux, éternels squatters des abris sous roche et requins bouledogues à la réputation sulfureuse, capables de remonter le cours des fleuves sur plusieurs milliers de kilomètres pour y traquer leurs proies en eau trouble.









Pour orchestrer un tel ensemble sans fausse note, il faut un hôte digne de ce nom : Walter Bernardis, grand ordonnateur de la plongée requins depuis vingt ans, dont l’enthousiasme n’a d’égal que le sérieux et la compétence.
http://www.africanwatersports.co.za/
Pour les participants aux croisières plongée en mer Rouge égyptienne, 2009 a été particulièrement riche en rencontres avec les requins. Est-ce un effet du réchauffement climatique, mais l’été a vu une exceptionnelle migration vers le nord des populations de grands squales, notamment du requin tigre... avec quelques émotions à la clé. 




Bienvenue chez les phoques.


Elles semblent d’ailleurs nous attendre. L’ancre vient vite se coincer entre deux blocs de roche et la mise à l’eau est quasi immédiate. L’un après l’autre, nous nous immergeons avec une prudence de Sioux. A l’étale, l’océan brasse moins les sédiments et la visibilité est excellente. Curieux comme des pies, les locataires de la crique viennent nous saluer l’un après l’autre, à grand renfort de voltiges qui feraient mourir de honte les as de la Patrouille de France.
Une bonne demi-heure s’écoule avant que la confiance ne s’installe... (à suivre)
Wifi, on t’aime !





Au printemps, le Costa Rica n’échappe pas à la grande pulsion printanière qui bouleverse la nature. De la côte caraïbe jusqu’au Pacifique, en passant par la chaîne des volcans et la forêt pluviale dont la cime des arbres géants se perd dans les nuages, tout se prépare au renouveau. 


Chez les oiseaux en particulier, le regain d’activité est visible depuis les mangroves peuplées de crocodiles jusqu’aux frondaisons obscures des forêts d’altitude, refuges des colibris, toucans, perroquets et du mythique quetzal que vénéraient les Aztèques sous les traits du serpent à plumes, le Quetzalcoalt.















Le visiteur habitué au tourisme de masse sera agréablement surpris de la qualité de l’accueil bon enfant. Mais pourquoi en être surpris, après tout, le Costa Rica n’a-t-il pas délibérément supprimé son armée pour se donner les moyens financiers de conserver son patrimoine naturel intact ?
Une fois n'est pas coutume, les palmes et le caisson-photo étanche sont restés sur les étagères. Les sacs pleins à craquer de boîtiers et d'objectifs... destination : le Kenya, qui n'est pas seulement le paradis des grands fauves mais aussi celui des oiseaux... donc des ornithos ! 



Décidemment, le bird watching n'a rien à envier au whale-watching qui m'a fait ricocher sur notre bonne vieille planète depuis des lustres. Le Mont Kenya, la jungle montagneuse d'Aberdare, les réserves d'Ol Pajeta et Solio, le lac Nakuru, le Crater Lake, le lac Naivasha, les immenses réserves d'Amboseli et de Samburu...



Des dizaines d'heures en 4x4 sur des pistes défoncées, une douzaine de crevaisons, quelques tonnes de poussière dans les appareils et les poumons, mais au final un somptueux bilan : plus de 120 espèces d'oiseaux photographiées, du minuscule guêpier à l'aigle martial en passant par les incontournables échassiers de passage. 




De longs moments d'intimité avec les éléphants, les rhinos et surtout, un inoubliable crépuscule sur la rivière Samburu en compagnie des lions. Seul point négatif, le sentiment assez violent de frustration en retrouvant le climat délétère de la vieille Europe. Seul remède connu à ce jour : retrouver l'Afrique au plus vite pour une seconde thérapie !

Constitué d'un DVD et d'un magazine, chaque numéro de la nouvelle Collection Thalassa consacre une page à un personnage de mer. Parus fin 2008, les deux premiers magazines ont relaté les biographies du prince Albert 1er de Monaco, fondateur du musée océanographique et du scientifique-aventurier Alain Bombard, auteur du très célèbre Naufragé volontaire. En Janvier 2009, dans le N° 3, la rédaction du magazine a consacré cette page à Gérard Soury, sans doute pour plus de 30 années consacrées à la grande faune marine... soit une douzaine d'ouvrages traitant du sujet.
En ce début d'Octobre, la température anormalement élevée, la brume et l'humidité - plutôt dignes de Bornéo - n'ont guère facilité les observations de Sidonio, même depuis l'emplacement privilégié de la vigie de Queimada.










Bretagne : Les Sept-Iles





La Patagonie se prépare à affronter l'hiver austral tandis que l'Europe galope allègrement vers l'été. Les baleines franches ne sont pas encore revenues de l'Antarctique, seuls le dauphin de Commerson et le rare dauphin de Peale chassent près des côtes. Les manchots et les gorfous sauteurs ont provisoirement troqué leur somptueux habit noir et blanc pour le plumage ébouriffé de la mue... à peine présentables ! Une période de vulnérabilité au froid qui les retient à terre, dans de vastes et bruyantes colonies. 









Nés quelques mois plus tôt, les bébés otaries s'aventurent pour la première fois dans les vagues de l'Atlantique. Hélas, l'orque, le plus formidable des prédateurs profite de la marée haute pour leur tendre embuscade sur embuscade. Malhabiles, les jeunes pinnipèdes tentent bien d'échapper aux redoutables mâchoires de l'orque qui n'hésite pas à s'échouer pour parvenir à ses fins. Mais que représentent 20 petits kilos contre un cétacé de 8 tonnes, fort de dizaines d'années d'expérience ? Seuls les plus chanceux en réchapperont. Des images dures, d'une nature à l'état brut. C'est aussi ça, la Patagonie!













LE JAPON MASSACRE LES DAUPHINS...
LA FRANCE FERAIT BIEN AUSSI DE BALAYER DEVANT SA PORTE !











Un long périple vers le sud nous a mis en présence de milliers d'oiseaux : manchots de Magellan, cormorans de quatre espèces différentes, mouettes, albatros, sternes, huitriers et autres gorfous sauteurs... La nature a été particulièrement généreuse en nous offrant le spectacle de huit orques chassant les éléphants de mer. De quoi faire se retourner dans sa tombe le brave père Darwin !




For the first time as far France is concerned, from the beginning of the 20th century, a bearded seal (Erignathus barbatus) was observed alive from May to July between the cities of Rouen and Mantes-la-Jolie.






Printemps : Durant presque un mois, en Avril-Mai, le sud des Açores et particulièrement l’île de Pico ont été le théâtre d’un phénomène inhabituel : des dizaines de baleines bleues ont été observées tandis qu’elles se nourrissaient à moins de 5 milles de la côte. Leur nombre, et surtout le fait que la plupart d’entre elles élevaient leur nageoire caudale au-dessus de la surface plaident en faveur de la présence, à des profondeurs de l’ordre de 300 à 400 m, d’une importante concentration de krill - des milliards de crevettes planctoniques – poussé par les courants océanique ascendants contre la côte.
Grâce à la photo-identification de ces baleines, entreprise par l’équipe d’Espaço Talassa, le MICS de Mingan (Québec) dirigé par Richard Sears, a formellement constaté que, au moins l’une de ces baleines avait été photographiée quelques mois plus tôt près des côtes d’Islande. Une grande première qui a levé un coin du voile sur le mystère de la migration du plus grand animal ayant jamais vécu sur notre planète. 




Automne : Deux ouragans - Gordon et Hélène - formés au-dessus de la mer des Caraïbes ont sévi tour à tour sur les Açores en Septembre. Néanmoins, entre deux tempêtes, quelques sorties en mer nous ont permis de nous approcher d'un groupe d'une quinzaine de cachalots. En l'absence des grands mâles encore au large des côtes norvégiennes où ils se nourrissaient avant de redescendre se reproduire, seuls les femelles et les juvéniles étaient présents. L'occasion pour nous, de somptueuses rencontres.
